MEMORIAL LUIS CARLOS SANTOS RODA
GIJÓN NOVEMBRE 1994

Conférencier : Joaquin Muñiz Gonzalez

STRATEGIES PEDAGOGIQUES POUR LA COMPETITION
L'utilisatión de la compétition dans le Tai-jitsu et en général dans le sport jouit d'une certaine controverse. Il y en a qui ont des opinions trés radicales qui affirment que le mieux est de l'exclure du sport. La situation compétitive par définition est un élément essentiel. On doit considérer la compétition comme un des eléments du processus éducatif intégral des personnes mais il est vrai qu'il doit être inclus de façon progressive et graduelle qui pourra, plus tard, déboucher sur une exigence de rendement. Une fois là, c'est à l'individu responsable de décider dans quels niveaux de competition il veut s'impliquer.

Nous voyons déja dans les jeux enfantins spontanés et aussi dans les institutionnalisés par les propres enfants, passant d'une génération à l'autre (les billes, la marelle, etc ...) l'apparition de règles orientées à déterminer qui est le milleur . nous voyons que la compétition apparaît de façon spontanée chez les enfants. Donc, l'aspect ludico-compétitif est un élément présent depuis toujours dans le processus naturel d'interaction sociale de l'enfant et, ne peut, par conséquent être ignore ni rejeté dans le cadre d'un exposé didactico-pédagogique correct.

Le phénomène sportif est, en partie, l'expresion adulte de ce phénomène qui se manifeste déjà depuis l'enfance. Les jeunes et les adultes on le droit de faire du sport autant que les enfants l'ont de jouer.

Cependant, une spécialisation excessive peut enlever au sport et aux énoncés compétitifs leur valeur éducative. La compétition renferme une série de valeurs positives. Dans la compétition par couples on met en jeu le principe de la solidarité et la coopération. C'est une reconnaissance du besoin que nous avons les uns des autres.

La compétition est un instrument à travers lequel l'individu apprend à se soumettre à des règles acceptées et à valoriser le sens de celles-ci en vue d'une entente de base. (Perdre ses avantages).

Les rencontres compétitives donnent l'occasion inestimable à l'individu de s'auto-évaluer dans un série d'aspects et pouvoir mieux connaître autant ses possibilités que ses limitations.

La compétition est un élément éducatif trés important non seulement pour ce qui est de la préparation et l'amelioration dans la pratique sportive, mais aussi par le binôme compétition-coopération, qui se trouve à la base même de la vie de l'homme comme individu, donc elle doit être incluse dans tous les énoncés didactiques de l'education sportive.

Cependant elle doit être en accord avec des critères de progression au moment de lui accorder une certaine importance. D'abord ce sera le fait d'arriver à faire quelque chose (préparer la compétition et y participer), après, arriver à le faire mieux que d'autres sans que la place soit importante et en dernier lieu la prédominance de nos activités sur celles des autres (Kumite,compétition).(Technique, coopération-compétition

Activités pédagogiques face aux didactiques:
Après ce qui vient d'être exposé on doit considérer que la compétition, de même que le sport, n'est pas bonne en soi, sinon qu'elle depend de l'usage, de l'application qu'on en fera, de l'optique.

Les valeurs pédagogiques qui en dérivent comme moyen de perfectionnement des individus sont nombreuses. On peut dire que la compétition aide l'homme à un meilleur développement de ses capacités personnelles et sociales car elle:
-favorise la discipline
-favorise le contrôle
-accroît l'acceptation des limitations propres (s'accepter et mieux se connaître)
-la collaboration en équipe
-les valeurs du "fair play"
-le respect pour l'adversaire
-apprend à "savoir perdre"
-fomente la participation actlve
-le fait de se fixer des objectifs réalistes

En ce qui concerne la capacité de se surpasser c'est une constante tout au long de la pratique.

On se fixe des objectifs et une fois atteints on en vise d'autres un peu plus élevés. Si les élèves considèrent un objetif comme impossible à atteindre, ils se découragent. C'est pour cela qu'il est important de leur faire comprendre qu'il faut se surpasser jour après jour, dépassant leurs propres limitations et que le fait de les dépasser est en soi le succès et non le fait de finir à telle ou telle place ou niveau.

Sur les valeurs du "fair play", on essaiera d'inculquer aux pratiquants l'illusion de gagner mais pas à n'importe quel prix.

On doit agir avec rigueur et non se laisser dominer par son désir de gagner, ne pas les inciter à réaliser des actes interdits lorque l'arbitre ne le voit pas. Ne pas changer la date de naissance, le poids, pas même dans les compétitions non officielles. Il faut transmettre le respect des normes et des arbitres, ainsi que de leurs dècisions; même s'ils ont commis une erreur leur faire voir que l'erreur arbitrale n'est jamais intentionnée et que quelquefois elle nous nuit et d'autres nous est favorable. On doit essayer d'obtenir que la compétition soit une expérience positive.

OBJECTIFS DE LA COMPÉTITION DANS LE TAI-JITSU
-Objectifs généraux que nous visons par la pratique sportive et par le Tai-jitsu en particulier:
1.Faire partie du processus éducatif de l'enfant.
2.Former intégralement la personne.
3.Atteindre la maîtrise de dextérités sportives et améliorer la santé.
4.Générer l'auto-estime.
5.Augmenter la capacité d'effort.
6.Focaliser l'attention sur ce qui le plus important.
7.Fomenter l'intérêt pour le dépassement personnel.
8.Prendre soin du corps et utiliser l'higiène comme moyens préventifs de garder la santé physique.
9.Améliorer la coordination motrice.
10.Accroître les qualités motrices (force,vitesse,souplesse.etc...)
11.Développer les habilités perceptives.
12.Obtenir que les enfants s'amusent, l'apprentissage comme un jeu.
13.Développer et améliorer les aptitudes cognitives (traitement de l'information).

-Objectifs plus importants de la compétition dans le Tai-jitsu.
1.Un défi à atteindre - pas forcément être le premier.
2.Se fixer des objectifs réalisables.
3.Développer les habiletés psychologiques de leadership comme la compétitivité, l la capacité de coopération, l'esprit sportif, le développement personnel, l'augmentation de l'auto-estime.
4.La forge du caractère à partir des paramètres précédents.
5.Avoir une activité sociale qui permet de faire de nouveaux amis et s'amuser avec les opposants.
6.Avec la philosophie "l'important c'est de gagner" ils peuvent manquer l'opportunité de développer leurs habiletés, jouir de la participation et se forger en tant que personnes. Le succés le plus important réside dans le fait de s'efforcer au maximun, de faire tout son possible pour gagner. On a un contrôle imparfait sur le résultat qu'on obtient.

Ils ne sont jamais perdants s'ils ont mis tous leurs efforts pour gagner.Cette philosophie peut et doit s'apliquer à d'autres facettes de la vie (études,
travail,tâches domestiques, etc..). Il ne faut pas confondre le sport juvénile, à caractère éducatif et le professionnel à caractère financier ou patronnal.

Personne ne doit demander plus, qu'ils soient les meilleurs sportifs qu'ils peuvent et savent être.

Il est normal de louer un sportif qui a gagné un championnat mais il est moins fréquent d'en louer un qui a essayé et a echoué. Il faut renforcer l'effort grâce auquel ils ont obtenu un meilleur contrôle et une maîtrise de la technique. En tant qu'entraîneurs nous devons exiger un effort total et c'est cela que nous devons renforcer fondamentalement pendant les entraînements et surtout la compétition. Ce type de renforcement sert non seulement pour récompenser l'effort mais il est aussi un feedback de la conduite tenue.

Il faut analyser avec le sportif quelles caractéristiques physiques , techniques et psychologiques lui ont valu l'avantage, et essayer de voir lesquelles ont fait défaut chez l'adversaire. On doit favoriser la critique personnelle et du groupe.

A propos du respect de l'adversaire nous ne devons pas faire de commentaires négatifs sur l'adversaire en tant que professeurs.
Il faut voir l'adversaire plus que comme adversaire comme un camarade qui fait partie d'une même famille sportive et favoriser la relation avec des dîners, des rencontres, des voyages en autocars partagés, etc….

Dans l'apprentissage du "savoir perdre" nous devons analyser avec le concurrent le résultat de son intervention et comment celle-ci s'est déroulée de telle manière qu'elle soit une expérience positive pour l'apprentissage et ne se voie pas comme une frustration à cause de l'échec; il faut analyser objetivement ce qui s'est passé et tirer des conclusions utiles pour l'avenir.

On doit fixer des objectifs réalistes en dessous même des possibilités. Il n'est pas nécessaire que tous participent pour être le premier, il faut considérer des objectifs atteignables, des objectifs de réalisation plus que de résultat.

NORMES Á SUIVRE
Age pour la compétition : 9-10 ans à caractère régional, 11-12 ans à caractère national.
-Etablir d'autres catégories qui ne dépassent pas 2 ans chacune.
-Rendre possible la participation du groupe immédiatément supérieur mais pas à l'inverse.
-Il y a des études qui ont démontré que jusqu'à la puberté les garçons et les filles pouvaient avoir un rendement semblable dans l'apprentissage et l'exécution d'habiletés sportives (Commission Américaine de Pédiatrie 1981) ; a partir d'ici on peut maintenir l'egalité dans la modalité de technique (pas de contact, voley-ball, tennis …). Il faut éliminer les prejugés mais ne pas tomber dans le dogmatisme de signe contraire.
-Il ne faut pas participer plus d'une fois par année chez les enfants
-2 chez les cadets et -2 chez les juniors et seniors en compétitions importantes.

Il faut éviter les fraudes, la falsification de documents, le "gagner à tout prix".

Dans les jeux on découvre la personne; si même dans le jeu, le divertissement une personne ou une equipe ne sont pas capables de fair play, cela signifie qu'ils ont cessé d'être honnêtes définitivement (se doper, acheter l'arbitre, recompenser les jouers afin qu'ils se laissent gagner). Si on cherche le triomphe à tout prix, on vit le drame d'avoir à gagner.

Sport-éducation: c'est un moyen par lequel l'homme se met à l'épreuve comme capable de s'efforcer,transpirer, sans que le résultat importe comme dépenseur libéral d'énergies sans rémunération, un homme qui cherche le triomphe, pas à n'importe quel prix, mais que l'echec n'ébranle pas. Un homme capable de vivre et agir en marge du bénéfice.

Face à un homme sédentaire, qui a perdu la nécessité d'utiliser son appareil moteur pour vivre, qui est en train de devenir un parasite qui s'appesantit, souffre et a des problémes de santé précoces.

Une étude réalisée sur de jeunes a fait apparaître comme Motif de participation: s'amuser, améliorer ses habiletés, faire de nouveaux amis, l'émotion car c'est excitant.

Intervention de "Pigmalion" ou profécie réalisée. Une étude réalisée par Rosenthal Jacobson en 1968 a démontré que les attentes des professeurs fonctionnaient comme des profécies réalisées, favorisant une serie d'interventions qui auraient comme finalité la réalisation de ces attentes (Raconter cette histoire commentée)

Joaquín Muñiz González.
Directeur National du Tai-jitsu F.E.K.